Le flocon

Laurent Hellot – 2015 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net/

Une brise légère, un souffle virevoltant.
Un peu de buée sur la fenêtre, mais pas trop, juste au bord du givre, c’est tout.
Et un ciel clair derrière, d’un bleu éclatant.

Une chambre, dans une vieille maison. Son parquet ciré, sa commode avachie. Et puis des bougies, partout.
En son milieu, un lit, le lit, celui où tout se finit, celui où tout renaît. Beaucoup de sueur, beaucoup de douleurs, mais dissoutes, vaporisées par l’amour rayonnant.

Quelques regrets parfois, mais pas beaucoup. Un flot de questions, plein de curiosité. Une grande lassitude aussi, justifiée.

Un regard vers l’extérieur. Une surprise. La neige, qui commence à tomber. En douceur, presque avec timidité, pour ne pas déranger.

Un petit point blanc d’abord, suivi de son jumeau. Une danse à deux, dans le bleu azuré.
Et puis un autre aussi, tout perdu, mais fier d’avoir été invité. Lui n’hésite pas : il plonge, direct, dans l’herbe gelée.
C’était judicieux. Voilà qu’il est rejoint par un lointain cousin, en forme d’étoile de verre. Qui se pose à côté d’ailleurs, tout guilleret. Il sait en effet qu’ils sont des milliers, comme lui, qui planent à cet instant et arrivent peu à peu, pour l’entourer.

Et puis le miracle.

Un nuage blanc qui descend d’un coup. Un rideau de cristaux qui s’abat à l’instant. Transformant la vue en une mer de froid, en un immense oreiller, donnant envie de se lever et se jeter dedans.

Mais ce n’est pas possible. La fatigue, l’épuisement.

Peut-être….

Une bourrasque, qui ne tergiverse pas. Elle empoigne la fenêtre et l’ouvre direct !

Ce n’est plus un, mais une légion de flocons qui pénètre soudain dans cette chambre surchauffée. Et sur le parquet qui disparaît, et sur les draps qui se transforment, et sur la commode vite submergée.

Et sur le nez. Un seul. Tout petit flocon, bien aventureux, mais tout joyeux, de pouvoir venir saluer, et montrer le chemin d’où il vient : vers les cieux.

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