La roue étoilée

Laurent Hellot – 2015 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Une constellation de dessins légers, un tourbillon de symboles noirs et blancs, un cycle en perpétuel mouvement : une roue de nos vies.

On ne sait pas trop où elle erre, dans le firmament ou sous la Terre. Certains la voient dans chaque lumière, d’autres dans chaque caillou et d’autres encore en leur sein.

Cette roue, cette carte, nous parle à tous et partout.

 

Elle n’est pas fixe, elle n’est pas figée ; elle est en mouvement perpétuel et changeant. Elle anime le ciel d’un cinéma permanent et discret, malgré le retentissement immense qu’elle insuffle à nos existences pressées. Elle, elle ne l’est pas, obsédée par la vitesse, obnubilée par la rapidité, mais elle ne s’arrête jamais pourtant, elle ne cesse pas de nous envoyer des signaux, de danger ou de péril, d’amour ou de rires, d’espoir ou d’abandon, mais dont aucun n’est vraiment imposé.

 

On devrait la considérer, mieux, et plus souvent, mais à force de courir la tête en avant, il est difficile de lever le nez sans se rétamer, sans se prendre les pieds dans le tapis, sans s’étaler de tout son long,

pour ne pas avoir pris le temps qu’il faut,

pour l’estimer accessoire et lointaine,

pour juger que rien ne vaut mieux qu’une course sans fin.

 

Et pourtant, elle est là pour nous, pour nous guider, pour nous éclairer et nous distraire aussi. Elle n’est pas martiale, hautaine, ni pédante : juste à notre disposition.

Certes, il faut la traduire, essayer de comprendre ses ajustements discrets, ses ondulations subtiles et graciles, ses signes foisonnants,

de richesse et de variété,

de miroirs et de réflexions,

de rêves et de projets.

 

Mais une fois l’attention éveillée, le langage décodé, alors là, il n’y a d’autres solutions que de s’asseoir, bouche bée, devant les trésors révélés :

 

Une carte pour chacun à disposition,

Une boussole qui jamais ne s’affole,

Un phare qui ne s’éteint pas.

 

Et par-dessus tout, la beauté d’un message d’espoir et de vérité :

 

Nous ne sommes pas seuls, jamais.

Nous avons toujours un ange gardien.

Nous pouvons faire confiance aux étoiles, elles ne sont que le reflet,

 

de notre beauté intérieure,

de ce qui nous fait grandir,

de tout ce que nous pourrions, si seulement nous l’écoutions.

 

Une roue dans le ciel, au milieu des soleils, un mélange de choix et de destinées, un sémaphore immense et généreux.

 

Une roue dans le ciel, qui n’appartient qu’à nous, qui ne demande qu’à servir et à exaucer,

ce que nous ignorons,

ce que nous ne soupçonnons pas,

ceux qui vont nous aider à construire pas à pas, ce chemin qui nous relie à notre destin.

 

Il faut prendre ce temps, imposer cette halte, une nuit d’été claire et sombre. S’allonger dans l’herbe en faisant éclore un millier de parfums. Ouvrir ses yeux en grand pour voir dans cette obscurité. Étendre ses bras, de chaque côté, en un accueil confiant.

 

Et se plonger dans ce firmament, cette mère de galaxies et ces cavernes d’étincelles.

 

Il faut alors résister,

à l’envie de chasser ce grillon strident,

à ce besoin oppressant de bouger,

à la faim, à la soif,

 

et accepter pour une fois de ne plus être un corps, mais un esprit, un éclat de lumière, qui s’en va à son tour rejoindre ses semblables, dans le berceau des mondes et des vies, dans ce paradis à portée : le Ciel, notre protection et notre aiguillon, qui ne cesse de veiller sur nous, de nous accompagner, de nous surprendre aussi, afin que nous puissions enfin,

 

resplendir comme lui,

rayonner comme elle,

briller de mille rayons, que nous avons en nous et que nous étouffons.

 

Une roue dans le ciel, un carrousel dans notre cœur, qui seul peut nous offrir ce que nous attendons : le dépassement de soi et de nos petites limites, pour embrasser en grand ce qui nous attend,

 

la frustration, mais la récompense,

l’attente, mais la croissance,

l’impatience, mais la nécessité,

la perte, mais la rencontre,

la solitude, mais le recueillement,

la douleur, mais le câlin,

la fin, mais la naissance,

 

à nous-mêmes, à nos personnalités, aussi diverses et variées que ces animaux magiques, semblant sortis d’un conte de fées ; mais qui ne sont que les nombreuses facettes, de tous nos talents.

 

Une roue dans le ciel qui n’existe qu’à notre intention, dans l’unique but de montrer ce que nous ne voyons pas, si énorme pourtant, si évident, que nous passons à côté.

 

Une roue dans le ciel qui a besoin parfois, d’être pointée du doigt, désignée avec précision, détaillée même si nécessaire, sans que cela l’affadisse, au contraire, mais souligne sa puissance infinie.

 

Une roue dans le ciel qui n’est pas la réponse à nos angoisses, loin de là, mais trace en filigranes esquissés, que nous ne sommes pas loin du but, que la direction est la bonne et qu’il convient de croire en nos capacités,

 

de surmonter notre bêtise aveugle,

de dépasser notre minuscule entendement,

de franchir afin un palier,

 

celui de notre incarnation.

 

Une roue dans le ciel, ni bonne, ni mauvaise : simplement là pour nous montrer,

 

que tout est lié,

que le recommencement est permanent,

que nos vies sont agglomérées, à ce qui est suspendu au-dessus, de notre monde, de notre contrée, de notre maison, de notre petite tête,

 

et qu’à la longue, cela va bien finir par rentrer : que l’Amour est partout.

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