Ruban

Laurent Hellot – 2017 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

C’est léger, c’est aérien, comme un vent sans fin.

Cela vole, cela tourbillonne, à susciter un émoi énorme.

Cela plane aussi, se laissant porter ainsi qu’un colibri, si léger, si gracile qu’il ressemble à une étoile qui brille.

 

Ce n’est qu’un ruban pourtant, un simple bout de tissu, ainsi qu’il y en a tant. Ce n’est pas ce qu’il est qui importe en ce moment, mais ce qu’il a fait, d’où il vient, ce long cheminement.

Car s’il paraît libre et vibrant, dans ce soleil, au-dessus des champs, il n’y a pas si longtemps il n’était

 

qu’un bâillon, étouffant,

collé au visage d’une statue de granit,

la parant de couleurs, mais voilant son regard vide.

 

Il avait choisi cette place, cet ennui, de n’être que l’accessoire, la panoplie de ce hiérarque d’un soir, d’un immense ennui, remarquable certes, mais fini ; formidable peut-être, mais gris.

Il a fallu ce coup vent, cette tornade, pour qu’il ne puisse faire autre chose que s’en aller en balade, grimper, grimper sans fin, au sein de l’Univers lointain, et découvrir alors combien il avait été pire qu’un mort : un objet stérile sans autre fonction qu’un quotidien facile, sans autre ambition que de rester immobile,

 

Chatoyant, mais inerte,

Comme un papillon à une fenêtre.

 

Et depuis, il sillonne, les mers, les paysages où personne, à part lui, n’a osé s’aventurer jusqu’ici, un monde, des horizons qui n’ont pas de fond, pas de limite, seuls les échos de chants enivrants, qui invitent à l’invention, à l’émotion, à bannir toute restriction, autre que la joie et l’ivresse de savoir que l’on a pas à accomplir de prouesses,

 

juste être soi, de haut en bas.

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