Le chemin

Laurent Hellot – 2017 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Il n’a pas de fin, juste des circonvolutions.

Il n’atteint jamais le lointain, il vise l’horizon.

Il n’a pas de limite, pas de frein, uniquement l’émotion, de faire le bon et le bien, sans hésitation.

 

C’est un chemin qui serpente au creux d’une vallée, d’herbes et de plantes odorantes, sous la lumière d’un soleil doré. Il sinue, il se prélasse entre des montagnes douces et les oiseaux qui passent. Il monte, il descend, alternant cailloux, sable ou mousses, dans le même élan ; sans urgence, sans danger, simplement l’immense chance de se réinventer.

 

Il ne cherche pas un objectif, une région à explorer. Il déroule de lui-même sa piste et les surprises à traverser. Il n’attend rien de plus que la découverte et l’espace, comme terrain de conquêtes et de grâces, ainsi qu’un présent à déballer.

Il n’y a pas d’ambition, ni de révolution, mais un besoin nécessaire de progression : avancer, ne pas traîner ; regarder et assimiler.

 

Le présent n’a pas d’importance sur ce tracé du destin et de la chance. Il ne demeure que l’instant, qui n’est ni après, ni avant, ni pendant ; un lien immémorial entre différentes aventures sidérales, un souffle léger et gracile tel un battement de cils, l’impression d’être connecté à l’invisible, debout pourtant sur cette route, mais loin de la tristesse ou du doute, parce que la leçon a été apprise, parce que l’on peut enfin vadrouiller à sa guise.

 

Le temps n’importe pas plus, étrange lien entre ce qui est et ce qui n’est plus, pourtant chaîne ininterrompue de possibles survenus et disparus. Il n’est pas nécessaire de regarder l’heure, au milieu de ces paysages et ces fleurs. Il n’est que besoin de s’écouter et de se dire que l’on a réalisé ce qui nous appartient, sans heurs.

 

La compagnie n’est pas une évidence. Elle est parfois là, parfois dans l’absence, mais elle ne doit pas définir ce qui nous rend heureux ou nous fait rire. Elle n’a de sens peut-être que si l’on est deux, encore que ce double en apparence crée plus qu’il ne dénoue des nœuds. Il ne faut donc pas subir cette alternance, de solitude et de couple aventureux. La Vie n’est pas un but à deux, mais un voyage mystérieux, qui nous fortifie, nous porte aux cieux, par le fait d’admettre que nous avons tout au milieu, de nos rêves et de nos envies, qui nous font avancer sans trêve vers ce qui nous réjouit, d’apprendre et de chérir, de comprendre et d’offrir, ce que l’on a su, ce que l’on a connu, ce que l’on a perdu.

 

Alors continuons paisiblement cet inattendu et indéfini cheminement.

Alors mettons un pas dans cette poussière, sans plus regarder en arrière, et marquons de notre empreinte, sans honte, sans orgueil ni témérité feinte, ce chemin que nous ouvrons, pour nous-même bien sûr, mais aussi pour la foule qui nous suit à l’unisson.

Car nous ne sommes pas seuls, jamais, quels que soient les questions et les égarements qui ne durent qu’un bref arrêt, pour que nous assimilions, pour que nous transmettions, pour que nous nous déployons ;

 

et acceptons d’être ce que nous devons incarner :

 

un homme, une poupée,

un métronome, un trébuchet,

une licorne, un rocher,

 

et embrassons l’Éternité.

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