Volutes

Laurent Hellot – 2017 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Panaches et tourbillons qui montent dans le ciel vaste et brouillon.

Souffle et énergie qui se déploient dans l’immense infini.

Bonheur et joie de tant de légèreté et d’expansivité.

 

Nul besoin de violence, ni de frein pour que se diffuse et se dispense une si belle légèreté ; juste à écouter et à voir où tout cela va mener, de cette base simple et belle vers l’Univers éternel.

Il n’y a rien d’autre à faire que de contempler se diffuser cette lumière, cette naturelle pulsation, mi-onde, mi-matière si féconde et si entière qu’elle ne sait pas faire autrement que d’offrir à tort et à travers ses bienfaits, ses relais vers autre chose que ce que l’on morigénère, à tourner en rond dans son propre enfer, que les éclats doux et blonds vont modifier, ventilant les parfums délétères de trop de regrets en mille étincelles nouvelles-nées, cascade de transfiguration partagée.

 

Un mouvement que rien ne peut arrêter à partir du moment où il a commencé, agissant comme une euphorie entraînante et déliée, invitant tout et tous à l’accompagner dans cette joie qui éclabousse et ne fait que répéter, que nous sommes tous, non pas des mousses, mais des capitaines chevronnés à qui il appartient de retrouver l’impulsion donnée, la carte tracée, le sextant calibré pour poursuivre son voyage tel qu’il avait été envisagé.

 

Une respiration, de celle qui ouvre tout ce qui était bouché, qui sauve le catarrheux et l’asphyxié, qui libère le souffreteux et déploie les poumons engorgés ; une libération, de ce qui était coincé, sédimenté, aggloméré et que ce tourbillon vient élever, porter à ébullition et disperser, afin que se rétablisse la condition première, celle qui nous a été donnée et permet de continuer sans s’en faire, l’esprit et le corps rassérénés, d’avoir ainsi senti ce coup de pouce aérien et inespéré.

 

Un câlin doux et serein, un maintien qui fait du bien, un appui qui va nous emmener loin, vers des paysages dont nous ne savions même pas le chemin, ineptes que nous sommes de nous contenter de ce qu’il y a portée de main, quand le meilleur et le lien ne viennent parfois que de ce qui est loin, inattendu et perdu dans la brume du matin, ainsi qu’un rêve entrevu que l’on croit devoir effacer d’un : « Il n’y a rien ! », quand l’évidence nous confond et nous laisse pantois d’avoir rongé son frein, alors que par bateau, avion, train, à pied même ou sur le dos d’un âne brun, il ne tenait qu’à nous de sublimer chaque jour qui vient.

 

Cercles concentriques et torsades sans fin, qui nous font tourner en bourrique de ne pas détailler demain, nous obligeant à nous accrocher, telles des berniques, à nos petites jambes et notre condition tragique, de persister à affirmer qu’après nous le néant, pour continuer à faire les pitres et les enfants turbulents.

 

Diamètres et périmètres sans cesse changeant, à nous faire perdre la tête de ne pas pouvoir anticiper le changement, jamais, autrement que par des fantasmes inexistants qui ne se réaliseront que dans nos pires journées ; géométrie parfaite et tout le temps refaite qui ne nous invite pas à l’imiter mais bien à plonger dans ses échos ondulaires et déployés, ainsi qu’un filtre large et clair nous aidant à tamiser cette obscure obsession de regarder en arrière qui nous empêche d’avancer.

 

Volutes, volutes, à toujours exister, qui laminent ce qui nous rebute et transcendent ce qui nous pourrirait autrement, afin qu’atteindre notre but soit le plus simple, en réalité, et une libération anticipée, de tous ces murs contre lesquels on bute, encore et sans arrêt, alors que le plus évident est de les contourner.

 

S’imaginer un grain de poussière, un petit bébé, qui n’est qu’une infime partie de la matière, mais la base de tout ce qui va arriver, qui n’est qu’un agrégat de possibilités, mais qui couplé à cette force et cette volonté va devenir un palais, un Homme parfait, de ceux qui ne contraignent pas, ni ne laissent enfermés, mais ouvrent à plus grand que soi et un avenir idéalisé, d’accomplir ce pour quoi l’on s’est incarné :

 

Apprendre, voir,

Comprendre, étendre notre savoir,

Aimer, les autres et soi en miroir,

sans arrêt.

 

Sentir par cet élan qui est donné combien le monde est grand, mais aussi contenu dans une goutte de l’océan, ainsi qu’un diamant bleuté.

 

Ne pas essayer de contrôler cette musique qui est un chant, mais aussi un écho qui ne s’arrête jamais, ainsi qu’une mélopée.

 

Absorber tout ce qui va venir, non pas nous transpercer, mais aussi nous construire pour que nous soyons reliés, au passé, à l’avenir, en toute continuité.

 

Retranscrire et offrir tout ce que nous avons assimilé, mais aussi le laisser devenir ce qu’il devait :

 

nos plus beaux souvenirs, d’être et d’avoir été,

parce que nous pouvons sourire d’être ainsi accompagnés,

par ceux qui nous ont précédés, dans ces trames de mondes oubliés,

sans lesquels nous ne serions rien d’autre que des ignorants égarés, de pauvres hères paumés,

 

la base de notre condition d’humains, de terriens propulsés dans un présent auquel nous ne comprenons goutte, puisque nous ne levons jamais le nez, alors que la multitude nous écoute nous échiner et nous susurre le seul message à garder :

 

Arrêter la lutte,

Se contenter de vivre éveillé,

Et se rendre compte que le but n’est pas l’arrivée,

Mais ce qui nous rebute et que nous avons surmonté,

 

Dans une gloire que nul ne réfute, car nous sommes les plus incroyables héros ayant jamais existé.

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