Réflexions

Laurent Hellot – 2017 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Pensif sur un rocher à se gratter le menton.

Courbé sur ses pensées, perdu dans leurs circonvolutions.

Assis, immobile, prostré, au lieu d’être en mouvement, libéré.

 

Il n’y a pas lieu de rester planté là, les cheveux en bataille à chercher une raison qui vaille. Il ne sert à rien de ronger son frein, dans le questionnement d’un lendemain. Cela n’apporte que des soucis de partir à la recherche de la minuscule logique dans ce qu’est une vie.

 

Le quotidien est une aventure, un chaos, au sein duquel rien ne dure, même pas ce qui est beau. Il ne demeure à la fin de la journée que ce que l’on en a fait : apprendre, grandir, et non pas regretter, gémir.

Chaque jour est un no man’s land qui ne demande qu’à s’étendre, se dévoiler, envelopper ceux qui osent s’y risquer. Il n’y a pas de conquérants, de plus forts, de plus vaillants ; il ne reste que ceux qui ont tenté de l’arpenter, avec leurs outils, avec leur curiosité, avec leurs envies.

 

Ronchonner, maugréer, que le monde est injuste et mal fait ; fort bien, et ? En quoi cela va-t-il l’améliorer ? Quelle parcelle d’énergie pourrait bien sortir de ce panier de crabes marinés ? De quelle façon cela permettra-t-il d’apprendre sa leçon, qu’il n’y a pas de mous, de tendres qui passent leur temps à subir les bastons, les chocs, les drames sans pouvoir les anticiper, les contrer, dépasser ce vacarme, mais qu’il n’y a que chacun qui tâche de se réveiller chaque matin en se convainquant que le meilleur est devant, que n’attendent que des sourires à conquérir, que ne subsisteront que les joies et les amours profonds ?

 

Le fessier sur un caillou ne fera pas avancer du tout ; certes, peut-être un ou deux philosophes qui découvriront des formes polymorphes, de savoir, de sagesse, mais ce qu’aurait tout aussi bien pu inventer le premier gamin qui plonge dans la liesse et se rend compte que le mieux est de s’amuser, sans plus tergiverser.

 

Alors décider enfin de cesser ces lamentations sans fin.

Alors se prendre en main.

Alors accueillir ce qui vient.

 

Et se dire tout simplement que ce n’est plus le moment de garder le front bas et fuyant, mais au contraire de relever la tête et de faire la fête,

 

face aux drames,

en dépit des armes,

en déployant tous ses charmes

 

parce qu’à choisir entre un échec vécu dans les pleurs et les « J’ai échoué », et une évidence d’avoir fait du mieux que l’on pouvait,

 

il n’y a pas à hésiter : il faut foncer avec les freins débranchés, pour vivre et profiter de tout ce qui est à portée, réel ou imaginé, pour une simple et bonne raison :

 

l’éternité ne se vit pas tant que l’on est désincarné,

mais bien à chaque journée où l’on voit le soleil se lever.

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