Larmes

Laurent Hellot – 2018 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Une douleur qui ne peut s’exprimer.

Des pleurs comme seul exutoire assumé.

Des larmes pour panser et laver.

 

L’instant est imprévisible. Le moment est sans cesse renouvelé. Il n’existe pas de préavis, pas d’annonce, pas de tour de piste, quand s’effondre tout ce qui nous tient, tout ce qui nous fonde, tout ce qui existe,

 

tout ce qui nous touche au plus profond de notre vie.

 

Il ne reste plus que l’eau dans laquelle nous noyer,

l’eau au sein de laquelle plonger,

l’eau pour ne pas couler.

 

Ces larmes qui roulent et qui nous portent pourtant, libérant le flot des sentiments, faisant sauter les digues de nos boniments, traversant les murs de nos palais d’argent, de nos pensées d’avant ce présent.

Ces larmes qui déboulent sans pouvoir s’arrêter, en un torrent d’une force inimaginée, contenue tout ce temps sans se presser, attendant la goutte de trop, celle qui fait déborder ce fleuve de mots, de postures, de mirages à la tête dure.

Ces larmes qui vont secouer tous les boulons de cette armure et la faire se démantibuler ainsi qu’un pantin qui s’écrase contre un mur.

 

Il n’y a plus de voix alors, il n’y a plus de faible, ni de fort. Il ne reste que des enfants qui libèrent enfin la puissance de leurs sentiments, en une fontaine de joie et de peine, en un mélange d’amour et de haine, sans plus pouvoir contenir cet amas de souvenirs, de sourires, de regrets ou de jamais.

 

Il n’y a plus de jugement non plus, que de la compassion et de l’émotion ténue, de constater que ces larmes sont les réponses les plus partagées, à ces blessures que l’on prétend cacher, à ces fêlures qui se sont encore creusées.

 

Les laisser sortir alors, comme l’on lève un ancien sort, comme reviennent à la vie les morts, comme renaissent les serments si forts,

 

en un jaillissement qui vaut de l’or,

 

parce qu’il réveille enfin ce qui dort,

parce qu’il extirpe enfin ce qui doit être dehors,

parce qu’il montre que nous avons en nous un trésor,

 

une abondance d’amour

et qu’il ne sert à rien de faire des détours,

quand il ne reste plus qu’à hoqueter :

 

« Encore ».

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