Enchantement

Laurent Hellot – 2018 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Un rayon de soleil qui perce le brouillard environnant ;

Un sourire qui se dessine sur les lèvres après des tremblements ;

Une main qui caresse plutôt qu’elle ne se lève, dans un geste rassurant :

 

Enchantement.

 

La sensation est étrange, surprenante, comme un enfantement dont le processus brutal et sanguinolent se transforme soudain en quiétude et joie, faisant disparaître tous les rictus parce que le bébé est là.

L’émotion est palpable, irréelle, ainsi qu’un pèlerin qui aurait levé les yeux au ciel toutes ces années en vain, verrait apparaître une nuée d’hirondelles venant se poser entre ses mains.

L’incrédulité est totale, sidérale, ainsi qu’un visiteur qui constaterait dans un cimetière que quelqu’un est en train de soulever une dalle, et qu’en surgirait non pas un spectre fatal, mais un ange à la beauté diaphane.

 

Enchantement.

 

Le matin de tous les possibles qui n’est plus demain, ni invisible, mais se tient frais et disponible avec une évidence indicible, que la journée qui vient sera de celle qui fait disparaître toutes les cibles pour ne laisser qu’un chemin qui conduit vers les cimes, vers ce voyage, ce lointain qui semblait invisible, devenant tout d’un coup d’une facilité ultime.

La nuit de tous les rêves où les cauchemars n’ont plus de place, plus de cris qui glacent, mais au contraire un joyau de visions qui débordent de projets et d’émotions, en une naturelle et belle concrétisation qu’il ne demeure plus aucune séparation entre le Soleil et la Lune, une parfaite fusion.

Le jour du réveil sans plus de doutes autour, mais le sentiment d’assister à une succession de merveilles sans interruption, sans plus de peurs, ni de tergiversations, dans l’évidence que chaque heure est une explosion de plaisirs et de bonheurs à foison, manège enchanté de toutes les concrétisations.

 

Enchantement.

 

De chaque rencontre faire une déclaration, de chaque horloge faire disparaître les aiguilles et leur révolution, et la prendre pour ce qu’elle est au fond : une illusion.

De chaque obstacle ne voir que l’apprentissage et la réappropriation d’une mémoire aussi vaste que le plus ancien des sages : une révolution.

De chaque pourquoi ne pas chercher le pour ou le quoi, mais bien le lien qui permettra de trouver sa vérité à soi, propre et libérée, ainsi qu’une porte que l’on aurait poussée.

 

Enchantement.

Ne plus considérer cette vie de la manière qui est dite : naître, apprendre, travailler, attendre d’être récompensé ; mais bien se jeter les bras ouverts pour embrasser tous les cadeaux offerts par l’Univers, qui n’ont rien à voir avec un quelconque plan de carrière.

Ne plus estimer que tout est dû, mérité parce que vaincu, mais bien saisir que ce que l’on prenait pour un but n’était rien d’autre qu’un regard biaisé et obtus sur ce que l’on considérait comme autre alors qu’on l’avait mille fois déjà vu et expérimenté.

Ne plus se fâcher tout rouge devant tout ce qui bouge et refuser de rester dans le cadre de ce que l’on juge prudent et raisonnable, mais bien au contraire admettre que le mieux est de n’en faire qu’à sa tête et que l’on en sera que plus heureux.

 

Enchantement.

 

Choisir de ne plus rien assumer et de laisser parler à notre oreille les elfes et les fées, tous ces mondes parallèles que l’on feint d’ignorer, parce qu’il ne serait être concevable que puisse exister une autre réalité comme dans les fables qui ont traversé les siècles écoulés.

Reconnaître que l’on n’en a que faire d’être serviteur ou maître si chacun de ces statuts pour vulgaires bêtes et contre nature ne nous donne aucune sensation, aucune posture, si ce n’est celle d’une folle illusion, une forfaiture.

Admettre que l’on a passé tout notre temps à chercher pour ne rien trouver, que de la poussière et des regrets d’être finalement arrivé à un stade déliquescent et épuisé, de ne plus savoir si l’on est vivant ou enterré.

 

Enchantement.

Ne plus se sentir seul, jamais, mais toujours entouré de multitudes d’ancêtres dont l’hérédité nous a fait passer de bêtes à êtres respectés, dans l’unique sens qui convenait : que notre voie trouve sa direction, en une destinée.

Ne plus s’autoriser à s’apitoyer, parce que cette faiblesse sur soi, sur ce que l’on est n’a pas d’objet quand l’on sait combien toutes les énergies qui nous tiennent peuvent inventer un papillon ou un étranglement de chaînes, et que l’on en est le dépositaire assumé.

Ne plus dire que les autres sont ceux que l’on doit maudire tellement est toute autre ce que cela inspire : de la fraternité, du désir ; de la félicité, des sourires ; de la chaleur, des plaisirs et une infinie joie dans le cœur de tout unir.

 

Enchantement.

 

Parce qu’il est temps.

Parce que maintenant.

Parce qu’aller de l’avant.

 

Que le monde d’aujourd’hui n’est pas si différent, avec ses drames et ses cris, de celui de nos parents, mais qu’enfin ces jour-ci nous assumons notre chance, nos talents pour transcender nos vies et faire de ces perpétuels châtiments les baumes qui vont nous permettre d’être guéris, de cette fatalité qu’ont les Hommes à pourrir tout ce qui leur est promis.

 

Enchantement, pour se dire que l’on est vivant et qu’il n’y a plus de gris, mais un arc-en-ciel étincelant qui brille de mille couleurs et trace dans le ciel ce signal évident :

 

Nous sommes éternels et puissants.

Nous sommes des rebelles innocents.

Nous sommes des sages-enfants

 

qui avançons à pas de géant, en jouant à la marelle et en riant

porté par cet amour qui nous irrigue et nous rend vivant,

dans une découverte sans pareil de nos talents.

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