Heureux

Laurent Hellot – 2020 © Médium toi-même ! - http://www.mediumtoimeme.net

Le soir est tombé, sur une journée belle et ensoleillée, de celles qui s'offrent à la fin de l'été. L'air doux et léger embaume de ces parfums gorgés de chaleur et de volupté. Il n'est nul besoin de se demander si la vie peut proposer mieux que ces heures écoulées  ; le monde affiche calme et générosité.
Le jour est sur le point de se terminer, dans des éclaboussures de couleurs joyeuses et variées, mélange de rose, d'orange et de doré, en vivifiant panel de gaieté. Il n'est nul endroit où aller, où ne puisse être exprimée une telle joie d'exister, par la confiance et la force que l'on sait afficher.
La lumière et le paysage sont sur le point de changer, dans une paisible évolution qui s'invite sans se presser, au rythme lent et tranquille de ceux qui savent que le meilleur est annoncé et qu'il n'est nul besoin de se précipiter pour profiter du bonheur et de l'évidence d'exister.

Il n'y a pas de place pour l'angoisse ni le doute sur ce que l'on a fait, fiers et légitimes de la route que l'on a tracée, ambitieux sans doute, mais sûr de ce que l'on a réalisé, avec l'énergie et la faconde de vouloir tout s'autoriser, de l'inimaginable au basique, pour le seul plaisir d'essayer.
L'envie est toujours présente, ainsi que l'évidence qu'il ne faut pas s'arrêter, de respirer de marcher, de danser, de vivre en vérité. Aucune compétition n'est à l'esprit, quant il ne s'agit que de tirer le meilleur de ce que l'on peut croiser, de vivifiant, de moqueur, d'énergie et de rire pour continuer à faire battre son cœur et s'enthousiasmer.
Les possibilités sont ouvertes, de rencontrer, d'explorer, pour que chaque moment soit une fête à ne pas négliger, au contraire ouvrir portes et fenêtres pour en profiter, inviter amis et nouvelles têtes pour célébrer le fait d'être en vie, en forme et des étoiles plein la tête à explorer.

Personne n'est à la traîne dans cette sarabande improvisée où le moindre problème qui gêne est évacué, parce qu'il n'est plus l'heure de la tristesse et des regrets, parce qu'il n'y a plus de raison d'avoir peur de ce que le monde peut apporter.
Il n'est pas matière à garder chagrin ni peine, dans ce nouvel élan qui vient de s'inviter, à ouvrir les bras en grand à tout ce qui va s'annoncer de beau, de plaisant, de la jouissance de profiter de ces instants si longtemps espérés.
Pas un soupir ni rengaine n'est là pour contrarier l'instant, cet enchaînement de variations sereines où chacun peut enfin être lui-même, librement, pleinement, sans plus de boulet ou chaîne pour limiter les mouvements.

L'écoulement des saisons et des ans n'a pas servi à user, mais à peaufiner l'essence de savoir ce qui est important, de ce qui doit être lâché dans le grand oubli de la surface du temps où seul l'essentiel demeure à nos côtés, présent mais léger comme des plumes d'ailes qui vont nous porter là où l'air est clair et le soleil éternel, là où l'on peut se poser et profiter enfin de tout ce qui nous appelle, de nourrissant, d'apaisé.
Les rencontres et les découvertes ne vont plus cesser, à présent que sont ouvertes tous les chemins des possibilités, où l'herbe n'est ni plus grasse, ni plus verte, juste ce que l'on rêvait d'équilibre et de félicité parfaite, dans cette fluidité magique où il n'est plus nécessaire de planifier, mais de juste d'attendre que le choix soit proposé.
L'ambition n'est plus d'avoir ou de paraître, mais d'exister pour le meilleur de ce que l'on veut être, de réel ou d'imaginer, parce que l'on ne se réfrène plus, parce que l'on s'autorise à explorer, sans plus de feinte, ni de ruse, par la saine curiosité de ce qui peut apparaître au clair de Lune ou sous les perles de rosée.

Le regard n'a pas changé, les désirs non plus, mais il devient tout d'un coup plus facile d'y accéder et de ne plus faire preuve de retenue, pour qu'enfin l'on touche à ce que l'on a toujours voulu, sans caprice ni étincelles, juste l'envie d'en savoir plus sur ce qui est artificiel ou réel, sur ce que l'on pressent ou que l'on ne veut plus.
Il ne s'agit pas d'un retard ou d'un malentendu, mais du début d'une nouvelle histoire que l'on a pourtant toujours connue, comme l'écho de notre savoir dont se révèle l'étendue, en une source infinie aux pouvoirs inattendus, ouvrant l'accès à des opportunités que l'on ne soupçonnait plus.
Le doute n'est plus permis, l'hésitation autorisée, quand s'ouvre ainsi tout ce qui est à expérimenter, de plaisant, de léger, de passionnant, de diversifié, en de multiples couches d'un gâteau qui serait apporté, couronné des flambeaux de la célébration d'avoir franchi la ligne d'arrivée.

Le soulagement d'y être arrivé, de ne plus avoir à supporter ces fâcheux, ces déplaisants qui nous limitaient libère d'un poids sidérant, à se laisser emporter aux quatre vents pour s'en aller voyager et découvrir ce que l'on sait d'instinct, évident  : que l'on ne s'est pas trompé.
L'immense apaisement de s'être retrouvé, au bon endroit, au bon moment renforce ce sentiment de sécurité, que plus rien ne peut survenir de grave, d'important  ; que tout ne sera plus que félicité.
L'immédiat relâchement, et des tensions, et des idées révèle tout ce qui nous limitait, nous polluait jusqu'à nous enfermer dans une routine qui décérébrait, à vouloir tout plaquer, le bon comme le mauvais, pour tout abandonner.

Il est enfin l'heure d'embrasser qui l'on est, dans la plus complète sérénité, d'être certain d'avoir fait du mieux que l'on pouvait, dans l'équilibre juste et parfait de prendre la place que l'on a méritée,

d'être heureux sans aucune limite, pour enfin rayonner.

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