Une pratique inattendue, des interrogations légitimes, des réponses précises.

Comment les histoires prennent-elles vie ?

Lors de la rédaction du premier texte que j'ai canalisé, je n'avais alors aucune, mais aucune idée de ce dans quoi je me lançais. Fallait-il tirer les rideaux, allumer cinq bougies, psalmodier de vieilles incantations et surtout, ne jamais prononcer le nom de "Vous-savez-qui" ?

Devant tant de questions, et avec une saine expérience du moindre effort, je n'ai rien entrepris de tout cela. Grand bien m'en a pris, il n'y a eu ni éclair, ni fumée, ni apparition ! Juste le silence, l'écran bleuté et le curseur qui clignotait.

Avec le temps, et l'expérience de l'exercice, voici comment je procède.

D'abord, je m'isole, soit physiquement, dans une pièce au calme, ou si ce n'est pas possible, avec des écouteurs et de la musique (pour les curieux, du style Playlist). L'idée est de ne pas être parasité par des pensées importunes, ni dérangé dans l'élan.

Ensuite, je regarde le nom de la personne qui m’a interrogé, tout simplement. Je me suis rendu compte que cela suffisait, qu'il n'était nul besoin de photo, de lettre de doléances ou assimilées.

Et une image vient dans mon esprit, qui donne le titre au récit. Puis je laisse venir, et les doigts frapper le clavier, à une vitesse qu'une majorité d'écrivains peuvent envier. Je ne connais pas le stress de la page blanche. Jamais.

Je ne calcule, ni le thème, ni le déroulé, je me contente de transcrire les mots qui viennent, et j'ai le temps, vu que je persiste à taper à deux doigts ! J'écris d'un seul jet, sans pause, entre 10 et 45 minutes, jusqu'à ce que l'inspiration se tarisse.

Je relis ensuite, parfois avec difficulté, tant la rapidité de la frappe ne laisse que peu de latitude au correcteur automatique. Je ne change pas les termes à la relecture, je les laisse bruts, quel que soit le sentiment que j'éprouve en les parcourant.


Une parenthèse à ce propos.

Je n'entends pas de voix, je n'ai personne qui me susurre à l'oreille les formules qui jaillissent sur le document. Point de guide, de référent, du moins révélé, qui serait le chuchoteur de toutes ces communications. Mystère complet donc, et cela me convient. Une muse, dira-t-on.

Une précision s'impose aussi : tous ces textes ont leur musique propre.

Chaque histoire résonne de manière unique pour la personne à qui elle est adressée. Je ne mets rien de personnel là-dedans. Je ne décide pas de son sujet, sa longueur, aussi intrigant que cela puisse paraître.

Le destinataire concerné peut ne pas aimer le message, le mettre dans la litière du chat, je ne me vexerai pas. Il a aussi le droit de le trouver naze ou génial, primitif ou élaboré, je n'ai pas d'avis sur la question. Et s'il ne l'inspire pas, l'endort, le fait trépigner, là encore, comme il veut. J'espère simplement qu'il lui sera utile, puisque visiblement, les précédents ont fait avancer le schmilblick, et je suis bien placé pour le savoir. Et il peut aussi ne pas en vouloir, ce qui ne me pose pas de difficulté.

Je reste un simple ambassadeur. Libre à chacun d'écouter ce qui lui est dit, ou pas.

 

 

Puis-je demander un texte pour une autre personne que moi ?

La réponse est affirmative et le processus identique. J’ai ainsi besoin des nom et prénom de la personne concernée, pour communiquer l’histoire attendue, à vous-même ou à la personne désignée. J’accède ainsi avec joie à des demandes pour un couple, pour un enfant, pour un parent…

Mais.

Que penser d’une sœur qui demanderait une histoire pour son frère et son épouse, qu’elle déteste viscéralement ?
Quelle suite donner à la requête d’une amoureuse transie qui voudrait un texte sur l’homme qu’elle aime en secret ?
Comment traduire le message d’un homme qui sollicite une histoire pour son meilleur ami, sans vouloir informer ce dernier ?

Je déciderai en conséquence selon ce qui me paraît juste, au moment où la demande est formulée.

 

 

Les histoires ne concernent-elles que les personnes ?

Il s’agit d’une question que je ne me posais pas, jusqu’à ce qu’il me soit demandé un texte… pour une salle de soins ! Là encore, faute de mode d’emploi, je me suis dit que l’expérience méritait d’être tentée ; et c’est un poème qui a jailli, limpide et apaisant.

À la suite de cette demande originelle, les sollicitations se sont multipliées. J’ai ainsi eu la joie de transmettre une histoire pour un mariage, pour un bébé à naître et pour un défunt, pour un magazine astrologique, pour un chat aussi, et même pour un parfum ! J’ai également eu l’occasion d’écrire des textes en accompagnement de tableaux, de gravures…

Et chacune de ces histoires était en exacte adéquation avec ce à quoi elle se rapportait.

 

Pourquoi l’histoire de mon ami(e) est plus jolie que la mienne ?

On ne va pas mettre en balance une montagne de granit noir et un champ de blé, un ours sauvage et un pulsar sidéral, une mamie respectable et un poupon rosé ! Chaque histoire est unique, comme nous le sommes tous.
 
Bien sûr, certains textes présentent une forme plus littéraire, une poésie parfois trompeuse, ou un rythme limpide et fin. Cela ne signifie en rien leur supériorité par rapport à d’autres, qui semblent bruts et mal dégrossis, presque trop pédagogiques.
 
Il n’y a pas lieu d’être déçu.
 
Il y a lieu d’être joyeux, d’avoir eu la chance d’être entendu, d’avoir le privilège d’une réponse unique, d’être le destinataire de cet élan d’amour universel.
 
Et de prendre conscience que nous sommes toujours accompagnés, quels que soient les aléas de la vie.
 

 

Pourquoi le message reçu me paraît-il incompréhensible ?

-    L’attitude première est de se demander quel genre de message était attendu.

S’il s’agissait d’avoir une recette de cuisine, une technique de cuisson, ou le conseil éclairé d’un sommelier, clairement, ce site n’en est pas l’objet. S’attendre à ce que son chemin soit éclairé ne signifie en rien repartir avec une carte détaillée et un GPS dans la main. Prendre la route de gauche ou décider de camper n’est ni bon, ni mauvais. Tout dépend de ce que l’on ressent. Ces messages sont des encouragements, des rappels, des révélations, des félicitations aussi. Ils ne sont pas là pour suppléer au libre arbitre, mais pour l’accompagner.
 
-    Le second réflexe est de le relire, plus tard, autrement.


 Il serait réducteur de penser que ces messages doivent être seulement lus. Ils résonnent, ils vibrent, de la même manière qu’un chant ou qu’une prière. Que vous en ayez conscience ou pas. Alors, accueillez-les, imprégnez-vous-en, le reste viendra avec naturel.
 
-    Le troisième conseil est de l’oublier, de le ranger dans un tiroir, sous une pile de paperasses, de le perdre presque.
 
Et de passer à autre chose. La vie reprend son cours, plus ou moins accepté. Puis, un jour, le texte tombe sur le plancher, votre petite fille vous demande de lui lire cette histoire, une phrase vous revient en mémoire. C’est le moment, vous pouvez vous y replonger, vous êtes prêt.
 

 

Puis-je réclamer un second texte, qui expliquerait le premier ?

Sur l’ensemble des textes que j’ai transmis jusqu’ici, j’ai accepté d’accéder à cette requête à trois occurrences. Après tout, rien ne brime cette envie dans l’absolu. Il n’y a aucune raison de penser qu’une nouvelle interrogation ne soit pas pertinente.
 
Maintenant, une raison, il y en a, et même trois.

1)    La première occurrence est intervenue, « à l’insu de mon plein gré ».

Une personne avait ainsi sollicité un texte, que je lui avais transmis. Elle considérait cependant le message reçu comme décevant, voire abscons. Elle était donc revenue vers moi, sans se présenter de la même manière, pour une deuxième tentative. Elle n’a pas été déçue ! Après cette nouvelle lecture, elle a fini allongée, sur un canapé, avec l’impression d’avoir pris un coup de massue. L’Univers est joueur, jusqu’à un certain point.

2)    La deuxième situation s’est concrétisée d’un commun accord.

Après l’envoi d’un texte, le destinataire m’a interrogé avec perplexité. Il m’a décrit sa situation, ses projets, qui semblaient en effet se marier assez mal avec la teneur de l’histoire reçue. J’ai accepté de lui canaliser un nouveau message… que je ne lui ai jamais transmis. La nouvelle histoire s’est avérée effrayante, non pas dans son descriptif, mais bien parce qu’elle parlait explicitement d’un futur qui n’avait rien de réjouissant, même si son issue demeurait positive. J’ai donc choisi de ne pas le communiquer, du moins pour le moment. Cette personne et moi avons pris rendez-vous, dans un an, dans dix, à un moment où les événements décrits surviendront et où la solution sortira des lignes qui ont été dévoilées trop tôt.

3)    La troisième m’a servi de leçon.

Le processus est classique : demande de texte, envoi du texte… et question complémentaire ! La personne ne se reconnaissait pas du tout dans l’histoire racontée. Vraiment, cela ne lui ressemblait pas, elle si ouverte et si pleine d’amour, pourquoi donc lui baratinait-on une métaphore déplacée et sans objet ? Me rangeant à ses arguments, j’ai accepté d’accéder à une nouvelle requête. Je n’aurais pas dû. Le second texte qui s’est matérialisé était d’une violente franchise, d’une virulence implacable, limite désobligeant, reprenant mot pour mot des expressions du précédent, pour les décortiquer, s’en moquer, et ainsi balayer toute fatuité et orgueil mal digéré. Évidemment, ce texte-là, n’a pas plus été accepté que le précédent, et les deux d’ailleurs, ont été rejetés en bloc.

J’ai compris depuis ce jour que les messages délivrés ont toujours leur utilité, quelle que soit la manière dont ils sont présentés, même confus, même éthérés, même bizarres, parce qu’ils sont justes pour chaque personne, à l’instant où ils lui sont destinés.

 

 

Puis-je être gratifié d’un autre texte, plus tard ?

Rien ne s’oppose à ce que nous nous rencontrions à nouveau, dans quelques mois, quelques années, quand les perspectives auront évolué. Je vous communiquerai alors avec plaisir un nouveau message, symbole et vecteur des méandres de notre destinée.
 

 

Questions subsidiaires ?

Interrogez-moi ! Je serai ravi de discuter, de ce site et de sa survenance inattendue, ainsi que de ces multiples étincelles qui nous font sentir vivant.